ANATOMIE, CICATRISATION ET PIERCING

La cicatrisation est la manière dont les tissus vivants vont refermer et réparer toute discontinuité dans leur structure après une agression.
90% de la couche superficielle du corps humain, peau et muqueuse, est composé de cellules appelées kératinocytes . Ce sont elles qui permettent la cicatrisation.


 

 

 

 

 


LA PEAU


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’épiderme est la couche supérieure du tissu qui couvre notre corps. Il n’est irrigué par aucun vaisseau sanguin. Les cellules qui le composent sont alimentées par diffusion depuis le derme. Par contre, il contient de nombreuses terminaisons nerveuses. Son épaisseur est variable selon la zone anatomique.
Le derme est le tissu conjonctif qui forme la peau avec l’épiderme. Il est irrigué par le sang et nourrit ainsi l’épiderme. Son rôle est aussi la thermorégulation, l’élimination des toxines et la cicatrisation.

La cicatrisation de la peau est la réponse inéluctable à toute atteinte à son intégrité. Elle dépend de facteurs individuels propres à chacun: âge, génétique, comorbidités, traitements, système inflammatoire.
Sa cicatrisation se déroule en quatre phases successives sous l’influence du système inflammatoire. La première phase est vasculaire et inflammatoire, s’étalant sur 6 à 8 jours, aboutissant à une néoangiogénèse (formation de nouveaux vaisseaux). La seconde phase est proliférative, du 8ème au 21ème jour, conduisant à la formation d’une matrice de néo-tissu conjonctif. La troisième phase, dite de remodelage, induit une contraction de la plaie. Enfin, la dernière phase est marquée par la formation d’un tissu fibreux remplaçant le tissu de bourgeonnement.

Un piercing n’impliquant que de la peau mettra au minimum deux à trois mois à cicatriser, jusqu’à 6 ou 8 selon le site anatomique. Le nombril par exemple sera plus long car il subit davantage la friction des vêtements, il est peu aéré, macère dans la transpiration...



 

 

 

 

 

LE CARTILAGE

 





 

 

 

 

 

Le cartilage est un tissu conjonctif souple que l’on retrouve à différents endroits du corps: oreille, nez, cage thoracique, disques intervertébraux...
Les propriétés mécaniques du cartilage, à la fois souple et résistant, lui confèrent un rôle important dans le maintien de l’ouverture des différents tubes ouverts à l’air libre de l’organisme (narine, pavillon de l’oreille par exemple).
Par rapport aux autres tissus conjonctifs, les cartilages ont la propriété de ne pas être vascularisés ni innervés: l’absence de nerfs, et surtout celle de vaisseaux, explique qu’il se répare difficilement spontanément chez l’adulte. En effet, les cellules qui le composent, appelées chondrocytes, ont une extrêmement faible capacité de régénération.

De ce fait, les piercings impliquant un cartilage sont longs et difficiles à cicatriser. Bien que très populaires, ils n’en méritent pas moins une attention particulière tout au long des mois de cicatrisation, ceux-ci allant de 8 à 24 selon la localisation anatomique.



 

 

 

 

LA MUQUEUSE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





 

 


 

 

La muqueuse est une mince couche de tissu constituée d’un épithélium et de tissu conjonctif sous-jacent (chorion). Les muqueuses tapissent les cavités du corps qui en sont constitués avec la peau.
Elle est présente au niveau des parois du tube digestif (de la bouche à l’anus), de l’appareil respiratoire et de l’appareil uro-génital.
La spécificité des muqueuses est d’être toujours humides ou humidifiées. Elles ont un système immunitaire propre et complexe. Y sont également sécrétées les immunoglobulines A (anticorps) qui agglutinent et inactivent les pathogènes.
Sa cicatrisation est relativement simple et rapide. Par exemple, une étude scientifique américaine a démontré que les quatre protéines jouant un rôle dans la régulation de l’expression des gènes dans les kératinocytes étaient plus nombreuses dans une plaie buccale que dans les plaies cutanées. La différence vient de ces protéines qui activent des mécanismes moléculaires bien spécifiques et améliorent la cicatrisation.

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EN BREF 

 

L’implantation d’un corps étranger, tel un piercing, nécessite que la peau cicatrise autour de ce dernier. Le corps doit créer un canal hypodermique (réhépithélialisation) autour du bijou. Cette phase est longue pour plusieurs raisons, notamment parce que le bijou bouge et crée une friction dans la plaie. La qualité des prothèses est aussi primordiale. En effet, un bijou de mauvaise ou même moyenne qualité aura une influence négative sur la cicatrisation. La loi française oblige à l’utilisation du titane comme matériau d’implantation. Cependant, il est aussi important que le polissage du métal soit extrêmement soigné afin de limiter au maximum la friction et l’adhérence des tissus. La meilleure qualité, à ce jour, est le titane ASTM F136 à polissage miroir.



CONCLUSION 


Vous l’aurez donc compris, le piercing est aussi un apprentissage de la patience. Votre corps a besoin de temps et de soutien pour accepter cet élément étranger, et chaque zone anatomique aura des besoins spécifiques.
Votre cicatrisation sera d’autant plus facile si vous y participez en créant une atmosphère propice: des gestes doux, un lavage régulier, pas de produits antiseptiques trop forts qui agresseront votre peau, pas d’appuis, pas de chocs, pas de manipulation en dehors du lavage...
Un proverbe indien dit: fais du bien à ton corps si tu veux que ton âme ait envie d’y rester. Et bien c’est pareil pour un piercing!